Yazîd Ibn Mou’awiyya (Rahimahullah)

Publié le par AbouAyman

Yazîd Ibn Mou’awiyya (Rahimahullah)

 

Du Cheykh Al-Islam Taqî d-Dîn Ahmad Ibn ‘Abd Al-Halim Ibn Taymiyya Rahimahullah dans son livre : « La plus grande recommandation sur le dogme et la prédication »

 

Lorsque les Rafidha se sont mis à insulter les compagnons radhi Allahu ‘anhum, les savants ont, alors, ordonné la punition à celui qui les insulterait. Ensuite ils rendirent les compagnons mécréants en disant des choses dont nous avons déjà rappelé leurs décrets dans un autre chapitre [Voir Minhadj As-Sunna An-Nabawiya de l’Auteur].

Il n’y avait pas, en ce temps-là, quelqu’un qui parlait sur Yazid Ibn Mu’awiyya [L’auteur a consacré une épître traitant uniquement ce sujet, voir  Minhadj As-Sunna Vol.2 Page 238-253.], ni il n’y avait des paroles de la religion le concernant. Ensuite, il est survenu des évènements où des gens déclarèrent ouvertement la malédiction sur Yazid. Il se peut que leur ambition dissimulée, derrière cela, soit un cheminement à maudire d’autre que lui, et de là beaucoup des Gens de la Sunna répugnèrent à maudire quelqu’un ouvertement. D’autres personnes après avoir entendu cela et qui étaient de la Tradition crurent que Yazid étaient parmi les grand Pieux et les imams de la guidée, et les paroles le concernant étaient diamétralement opposées (aux autres)

Ceux-là disaient qu’il était mécréant, un zandiq, celui qui tua le fils de la fille du Messager d’Allah (‘Aleyhi salat wa salam). Il tua également les Ansars et les cerna à Al-Harra afin de venger les gens de la maison – ceux qui furent tués mécréants comme son grand-père maternel ‘Utba et son fils Al-Walid ainsi que d’autres. Ils disent de lui qu’il était connu pour la consommation d’alcool, lmes perversités apparentes et autres.

D’autres crurent qu’il était un imam juste, bien guidé et guidant les gens, qu’il fut parmi les compagnons voire même parmi les grands Compagnons, un allié d’Allah, jusqu’à ce que certains crurent même qu’il était parmi les prophètes. Ils disaient : « Celui qui se dresse pour Yazid, Allah se dressera (pour lui) contre le feu de l’enfer. » Ils rapportent d’après Cheykh Hassan Ibn ‘Adîy [1], sa parole : «  Tel et tel parmi les alliés furent retenus de l’enfer pour s’être retenus pour Yazîd. » Du temps de Cheykh  Hassan, ils ajoutèrent la tradition des choses vaines par exagération envers Cheykh ‘Adîy et Yazîd. Des choses qui divergaient de ce sur quoi était le grand Cheykh ‘Adîy. Sa voie, en effet, était saine, il n’y avait pas ces innovations. Ils furent éprouvés par leurs ennemis Rawafidhs et tuèrent Cheykh Hassan, et ainsi surgirent des troubles  que ni Allah, ni Son Messager n’aimèrent.

Cette exagération concernant Yazîd – parmi les deux groupes – est différente de l’Unimanité sur laquelle se sont  réunis les gens de la science et de la foi. En effet, Yazîd est né durant le Califat de ‘Uthman Radhi Allahu ‘anhu, il n’a pas rencontré le Prophète Muhammad ‘Aleyhi salat wa salam. Il n’était pas parmi les Compagnons Radhi Allahu ‘anhum et ceci par accord entre les Savants. Il n’était pas connu par la piété et la réforme. Il était parmi les jeunes musulmans. Il n’était ni mécréant, ni zandiq (imposteur). Il accéda au pouvoir  après la mort de son père, ce que  certains musulmans répugnèrent et que d’autres approuvèrent. Il avait en lui de la générosité et du courage et il ne commettait pas de turpitudes apparentes comme le raconte certains de ses dissidents. Il survint dans son règne des choses importantes. L’une d’entre elle fut l’assassinat d’Al-Hussayn Radhi Allahu ‘anhu. Il ne l’avait pas ordonné, ne montra pas de la joie à cette nouvelle, ni il ne frotta son bâtonnet sur ces  incisives [2]. Il porta encore moins la tête d’Al-Hussayn jusqu’au Châm. Cependant, il ordonna d’empêcher et d’interdire Al-Hussayn de s’immiscer dans l’affaire, même s’il fallait (pour cela) le tuer. Mais ses délégués en firent plus que son ordre et ach-Chamir Ibn Dhî al-Jawchal instigua et poussa à son meurtre [3]. Puis ‘Ubaydallah Ibn Zîyad [4] attenta à sa vie. Alors Al-Hussayn, Radhi Allahu ‘anu, leur demanda de pouvoir se rendre chez Yazîd, le fils de son oncle ou d’aller aux postes frontières en tant que soldat posté ou d’aller à la Mecque. Mais ils le lui interdirent à moins qu’il ne se constitue prisonnier. Alors ‘Umar Ibn Sa’d [5] ordonna de le tuer. Ils le tuèrent injustement ainsi qu’une partie des gens de sa famille.

Son assassinat fut parmi les grands malheurs. Celui-ci ajouté à l’assassinat de ‘Uthmân , [commis] auparavant, fut parmi les plus grandes causes qui provoquèrent les troubles dans cette communauté. Leurs assassins sont parmi les pires des créatures auprès d’Allah.

Lorsque sa famille se présenta à Yazîd, il fut généreux avec eux et les conduisit à Médine. Il fut rapporté qu’il maudit ‘Ubaydallah Ibn Zîyad pour l’avoir tué. Il dit : « J’étais satisfait de lui de l’obéissance des gens de l’Irak mais non qu’il tue Al-Hussayn » [Al-Bidâya Wa  An-Nihâya vol8. p.232]. Cependant, malgrès cela, il ne montra pas de contestation à son meurtre, ni d’avoir essayer de le secourir, ni même de demander les droits de vengeance qui étaient une obligation. Voilà pourquoi les gens de la Vérité le blâmèrent de ce qu’il délaissa comme obligations en plus des autres affaires. Quand à ses adversaires, ils rajoutèrent sur lui des mensonges et des impostures.

Concernant la deuxième affaire (de son règne) : les gens de Médine renoncèrent à lui prêter allégence, ils firent  sortir ses délégués et les gens de sa famille. Il (Yazîd) leur envoya, alors, une armée et leur ordonna que s’ils ne lui obéissaient pas après trois jours, ils rentreraient avec les sabres et qu’ils leur seraient licites. Après les trois jours, son armée entra dans la ville du Prophète ‘Aleyhi salat wa salam. Ils tuèrent, pillèrent, saccagèrent et autorisèrent le viol qui leur était interdit. Ensuite, il envoya une armée à La Mecque pour l’assièger. Mais Yazîd mourut alors qu’ils assiégèrent la Mecque. Ceci est parmi l’injustice et la transgression qui fut accompli sous son ordre. Donc, la croyance sur laquelle sont les gens de la Sunna et les Imams de la Communauté est : Ni ils l’insultent, ni ils l’aiment.

Salih Ibn Ahmad a dit : « J’ai dit à mon Père : Des personnes disent qu’ils aiment Yazîd. Il a dit : Ô mon petit-fils, et est-ce quelqu’un qui croit en Allah et au Jour Dernier aime Yazîd ? » J’ai dit : « Ô mon tendre père, pourquoi ne le maudis-tu pas ? » Il a dit : « Ô mon petit-fils, et depuis quand as-tu vu ton père maudire quelqu’un ? » [6]

Il a été rapporté de lui qu’on lui a dit : «  Tu écris le Hadith d’après Yazîd ? » Il a dit : «  Non et  ceci est par honneur pour lui, n’est-ce pas lui qui a fait aux gens de  Médine ce qu’il a accompli ? »

Yazîd, chez les savants et les imams des musulmans ets un roi parmi les rois, ils ne l’aiment pas  d’un amour des pieux et des alliés d’Allah, mais ils  ne l’insultent pas. En effet, ils n’aiment pas maudirent un musulman de manière nominative comme  rapporté par Al-Boukhari dans son Sahih d’après ‘Omar  Ibnu Khattab [ n°6780 voir Fath  al Bârî vol.12 p.78] : «  Un homme  étant surnommé  Himar (âne) [dans la transmission, son nom était ‘Abdullah] consommait  beaucoup d’alcool et à chaque qu’il était amené au Prophète ‘Aleyhi salat wa salam, celui-ci le frappait. Un homme dit alors : Qu’Allah le maudisse, combien de fois l’a-t-on emmené ! Le Prophète  ‘Aleyhi salat wa salam a dit : Ne le maudis pas, car, certes, il aime Allah et son Messager. » Malgré cela, un groupe parmi les gens de la Sunna a autorisé à le maudire (Yazîd) parcequ’ils croient  qu’il a accompli un acte d’injustice qui permet la malédiction sur celui qu’il l’accomplit.

 

Un autre groupe voit plutôt son amour parce qu’il est musulman. Il vécut sous l’autorité des Compagnons. Il prêta serment d’allégeance avec les Compagnons, ils (les savants) disent pour cela : « Il avait des qualités mais rien d’authentique n’a été rapporté le concernant. Certains disent même qu’il avait fait un effort dans son œuvre.»

La Parole juste sur laquelle sont les imams est : « On ne lui accorde pas un amour spécifique, ni on ne le maudit. Même si avec cela, il est injuste ou pervers, Allah pardonne à l’injustice et au pervers. Encore plus lorsque celui-ci vient avec d’immenses bonnes actions »

Dans le [Sahih] Bukhârî d’après Ibn ‘Omar et remontant jusqu’au Prophète ‘Aleyhi salat wa salam :

« La Première armée qui combattra Constantinople sera pardonnée. » [7]

La Première armée qui combattit avait à sa tête Yazîd comme émir et avec lui se trouvait Abu Ayub Al-Ansari.

Certes, Yazîd Ibn Mu’awiyya ressemblait à son oncle  Yazîd Ibn Abi Sofyan [8]. Ce dernier était  un Compagnon, parmi les meilleurs Compagnons, il était  le meilleur de la famille  Harb [voir Nasab Qoraych p.125-126.]. Il était l’un des gouverneurs du Châm, qui avait était envoyé par Abu Bakr pour les expéditions  du Châm. Abu Bakr avait marché avec lui le long de sa monture en le conseillant et en lui parlant en public. Il lui répondit : « Ô Calife du Messager d’Allah, ou tu monte ou je descends. Il lui dit : Ni je monte, ni tu descends, j’espère certes que mes pas soient  dans la voie d’Allah. » [Voir Usud Al Ghaba vol.5 p.491 et Al-Isti’ab vol.11 p.70]

Lorsqu’il mourût, après les expéditions  du Châm, durant le Califat de ‘Omar, il nomma, à sa place, en tant  que gouverneur, son frère Mou’awiyya qui eut  (comme enfant) Yazîd, durant le Califat de ‘Uthman. Mu’awiyya s’installa au Châm jusqu’à ce qu’il se produise ce qui arriva [voir Siyar A’lam An-Nubalâ vol ;1 p.330]

Le devoir est donc la pondération  dans cette affaire et de laisser de côté la mention de Yazîd Ibn Mou’awiyya et  l’épreuve  des musulmans à travers lui. Ceci est parmi les  innovations  qui divergent  des gens  de la Sunna et du  groupe. A cause  de cela, des gens, parmi les ignorants, ont  cru que Yazîd était un Compagnon, voire parmi les grands compagnons et les imams de la justice.

 

1] Mort en 644 de l’Hégire, sa biographie est dans Tarikh Ibril vol.1 p.116, Al-‘Ibar Vol.5 p.183 et Ach-Chadharât vol.5 p.229.

2] L’auteur, qu’Allah lui fasse miséricorde, par cette note, réfute ce qui a été rapporté de certains informateurs comme quoi on apporta à Yazîd la tête de Al-Hussayn Ibn ‘Ali et avec laquelle il frotta son bâtonnet sur ces dents, s’étonnant de sa beauté !!!<o:p></o:p>

3] Il est mort en l’année 66 de l’hégire, sa biographie est dans Lisân Al-Mizân vol.3 p.152 et Al-Kâmil vol.4 p.92. Son nom a posé problème aux éditeurs de Madjmu’ al-fatâwî, de Majmu’Ar-Rasâ’il Al-kubra et Ar-Risâla Al-Mufrada. Il leur a été difficile d’établir l’attestation de son nom et la parole juste est ce que j’ai attesté. A Allah revient la louange.

4] Mort en 67 de l’hégire, sa biographie est dans Siyar A’lam An-Nubalâ vol.3 p.545, Tarikh At-Tabarî vol.5 p.295 et Al-Bidâya Wa An-Nihâya vol.8 p.823.

5] Mort en l’année 65 de l’hégire. Sa biographie est dans Tabaqât Ibn Sa’d vol.5 p.168, Al-Ma’arif 243 et Tahdhib At-Tahdhib vol.7 p.450.

6] Ceci est une très grande leçon, d’un grand Imam pour les prêcheurs contemporains qui, à toute bride, maudissent par leurs langues, sans crainte ni scrupule.

7] Rapporté par Boukhari n° 2924 ? Abu Nu’aym vol.2 p.62 d’après Um Haram Bint Malhân, voir pour plus de détails Al-Fath vol.12 p.102, il s’y trouve un petit débat pour celui qui utilise ce hadith afin de justifier les exploits de Yazîd.

8] Mort en l’année 18 de l’Hégire, sa biographie est dans Târikh Khalifa n° 119-138, Tarikh Al-Kabir vol.8 p.317 et Al-Ma’rif n° 345.

Publié dans Retour au Passé...

Commenter cet article